

Le coq vierge est un jeune coq engraissé et laissé seul, loin des poules et de ses congénères. Cette volaille exceptionnelle et rare a reçu tous les honneurs des gastronomes du XIXe siècle. Brillat-Savarin mentionne le coq vierge, comme Alexandre Dumas qui le préfère par dessus le chapon. Il aime « le célibataire des basses-cours » à la broche et ajoute « Ce serait l’outrager que de le piquer et le déshonorer que de le mettre en ragoût ». Il a depuis disparu des grandes tables, demeurant un secret bien gardé chez certains éleveurs. Moins gras que le chapon, sa chair est fine et ferme, particulièrement savoureuse. Il était aussi élevé par les sœurs qui au premier signe d’intérêt envers les poules, l’enfermaient dans une cage d’un mètre sur un appelée « séminaire » afin qu’il engraissât. On le prétend aphrodisiaque et une légende raconte qu’un habitant de Toulaud en Ardèche eut de nombreuses descendances. Conservant une verdeur exceptionnelle, il eut même une fille à plus de 80 ans et c’est sur son lit de mort qu’il livra son secret : l’élevage et la consommation régulière de coqs vierges.